Le directeur des opérations de la FIFA écarté, trois semaines après avoir dit qu'il risquait son poste
Kevin Lamour, directeur des opérations de la FIFA, a été démis de ses fonctions lundi selon The Athletic. Fin juillet, il avait publiquement dénoncé le projet commercial de Gianni Infantino en écrivant : « si cela signifie que je perds mon emploi, qu'il en soit ainsi. » La chronologie est établie. La cause ne l'est pas.
Ce qui est établi
The Athletic rapporte que Kevin Lamour, dirigeant français de 45 ans, a été démis de ses fonctions de directeur des opérations de la FIFA lundi 17 août. Foot Mercato, qui relaie cette information, le présente comme le numéro trois de l'institution.
Fin juillet, Lamour avait publié un communiqué mettant en cause le projet de FIFA Forward Enterprise porté par Gianni Infantino, qui visait à créer une société commerciale destinée à détenir les droits de la Coupe du monde.
Ses termes étaient sans ambiguïté : « Il s'agit du projet d'une seule personne. Non seulement ce projet ne doit pas aboutir, mais le moment est venu pour les dirigeants politiques du football de se poser les bonnes questions et de prendre les bonnes décisions. »
Il avait ajouté cette phrase, qui prend aujourd'hui un relief particulier : « Et si cela signifie que je perds mon emploi, qu'il en soit ainsi. »
Début août, il n'avait pas été convié à la réunion de crise des cadres de la FIFA organisée au Maroc.
Le projet contesté a depuis été abandonné.
Une chronologie n'est pas une explication
Voici le point de méthode le plus important de cet article, et il vaut au-delà de ce dossier.
Trois faits sont datés et documentés : une critique publique fin juillet, une absence à une réunion début août, un départ le 17 août.
Ce que nous ne savons pas : le motif officiel de cette décision. Aucune raison n'est rapportée par notre source, et nous n'avons pas connaissance d'une déclaration de la FIFA sur ce point.
Le titre qui circule affirme un licenciement « après s'être opposé » au président. Le mot « après » est exact sur le plan chronologique. Il suggère une causalité qui, elle, n'est pas établie. La différence n'est pas rhétorique : dans un cas on décrit une succession de faits, dans l'autre on impute une motivation à une personne nommée.
Nous nous en tenons donc à la chronologie, en signalant que Lamour lui-même avait anticipé publiquement cette issue. C'est un élément fort, et il vient de lui.
L'autre lecture, qui mérite d'être posée
Par souci d'équilibre, il faut énoncer l'argument inverse, qui n'est ni absurde ni marginal.
Un cadre dirigeant qui met publiquement en cause le président de son organisation dans un communiqué, en des termes aussi directs, se place de lui-même dans une situation professionnelle intenable. Beaucoup d'employeurs, dans n'importe quel secteur, tireraient les mêmes conséquences sans que cela relève d'une sanction politique.
Que cette décision soit légitime ou non n'est pas une question que nous pouvons trancher, et il n'appartient pas à un média sportif de le faire. Nous signalons simplement que deux lectures existent, et qu'aucune n'est aujourd'hui appuyée par une explication officielle.
Ce que cela complète
Cet épisode éclaire un détail de l'affaire que nous relevions le 10 août.
Ce jour-là, l'UEFA, la confédération asiatique et la Concacaf publiaient une lettre ouverte commune mettant en cause la gouvernance d'Infantino. Elles y pointaient notamment une réunion organisée au Maroc à laquelle certains représentants élus n'auraient pas été conviés.
Nous savons désormais qu'un des absents était le directeur des opérations de l'institution elle-même.
Nous relevions aussi, ce jour-là, que la CAF ne figurait pas parmi les signataires de cette lettre, aux côtés de la CONMEBOL et de l'OFC. À notre connaissance, la confédération africaine ne s'est toujours pas exprimée sur ce dossier. Cela reste, pour nos lecteurs, l'élément le plus significatif à surveiller.
Ce qui reste à venir
Le projet à l'origine de la controverse est abandonné. Trois confédérations sur six réclament un examen indépendant. Un dirigeant de premier rang a quitté ses fonctions.
Aucune autorité n'a établi de manquement, aucune procédure n'a été annoncée, et le président de la FIFA est toujours en poste.
Sources : The Athletic, via Foot Mercato. Au 17 août 2026.
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Par Rédaction SportsIqo · Article rédigé avec l'assistance de l'IA SportsIqo à partir de sources citées.